Canicule à l'Aéroport de Genève: violation massive des règles de protection

de: SSP Trafic aérien

Le SSP Trafic aérien dénonce des violations massives des règles de protection et le silence complice des sous-traitants et de l’Aéroport de Genève.

SSP

Le Syndicat des services publics - Trafic aérien (SSP-TA) tire la sonnette d'alarme face aux conditions de travail dangereuses subies par le personnel de piste à l'Aéroport de Genève (AIG). Alors que la région traverse une vague de chaleur extrême, les directives urgentes édictées par l'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail (OCIRT) sont ouvertement bafouées sur le tarmac. Le SSP-TA dénonce l'attitude irresponsable des sociétés d'assistance Swissport et Dnata, ainsi que la communication de façade de Genève Aéroport qui tente de masquer une réalité de terrain alarmante.

Des températures à 60°C et des directives de l'OCIRT piétinées

Jeudi dernier, face aux risques mortels de la contrainte thermique, l’État de Genève a pris des mesures d'urgence strictes. Pour les activités extérieures indispensables après 13h00, l'OCIRT a imposé une règle claire: un maximum de 15 minutes de travail au soleil, suivies obligatoirement de 45 minutes de récupération à l’ombre. De plus, l’application officielle MeteoAtWork a validé un niveau 3 de contrainte thermique, exigeant au minimum 15 minutes de pause par heure travaillée.

Sur le terrain, la réalité est tout autre. Les relevés officiels de MétéoSuisse, pris dans des conditions totalement différentes que celles subies par les salarié.e.s, occultent la réalité du tarmac où la réverbération et la proximité des réacteurs poussent parfois le thermomètre jusqu'à 60 degrés, voire davantage. Dans cette véritable fournaise, charger et décharger des tonnes de bagages à quatre pattes dans l'étroitesse des soutes d'avions relève de la survie.

Le terrain contredit la communication de l'Aéroport

Le SSP TA juge scandaleux le fait que Genève Aéroport (AIG) s'exprime publiquement en lieu et place des véritables employeurs, Swissport et Dnata. Cette stratégie de communication vise à diluer les responsabilités. L'AIG prétend que la situation est sous contrôle grâce à des plans « fortes chaleurs » et au déploiement de « Cool Trucks ». C'est un mensonge par omission.

Les témoignages précis et sourcés recueillis par le SSP TA ce week-end de grand départ – pourtant qualifié de « réussi » par la direction – sont accablants :

  • Des pauses dérisoires : Ce dimanche de forte canicule, des employés ont témoigné de n'avoir obtenu qu'environ 10 minutes de pause toutes les heures au soleil, au pic de la canicule de niveau 5 !
  • Travail continu forcé : Des bagagistes ont régulièrement enchaîné plus d’une heure de travail intensif sans aucune pause fraîcheur.
  • Impunité hiérarchique : Plusieurs cadres de proximité ont ouvertement affirmé aux équipes que « les procédures actuelles étaient adéquates », prétendant même avoir obtenu de la part de l’AIG des dérogations pour ne pas appliquer la règle des 15-45 minutes de l'OCIRT.
  • Le cas du personnel d'escale : Des agentes d'escale sont restées contraintes de porter l'intégralité de leur uniforme (y compris le foulard obligatoire) en pleine canicule, l'autorisation de l'enlever n'étant intervenue qu'après une semaine de chaleur étouffante.

Un sous-effectif structurel qui met des vies en danger

Le SSP TA affirme que le respect des ordonnances de santé au travail est rendu impossible par le manque chronique de personnel. Le recours de dernière minute à des travailleurs temporaires ou auxiliaires sous-planifiés ne suffit pas à compenser le sous-effectif structurel de Swissport et Dnata. Face à la pression du trafic aérien, les entreprises choisissent délibérément de sacrifier la santé des salariés pour garantir la ponctualité des vols.

Les revendications immédiates du SSP TA

Le SSP TA ne tolérera pas qu'un accident grave ou un drame sanitaire survienne sur le tarmac de Genève. Le syndicat exige :

  1. Des contrôles immédiats et inopinés de l'OCIRT directement sur la piste et dans les soutes pour verbaliser les manquements constatés.
  2. L'application stricte et sans exception de la règle des 15 minutes de travail pour 45 minutes de pause dès que les seuils thermiques sont atteints.
  3. La sortie du silence de Swissport et Dnata, qui doivent assumer leurs obligations légales d'employeurs au lieu de se cacher derrière le porte-parole de l'AIG.
  4. L'utilisation généralisée des indices WBGT (qui mesurent le stress thermique réel combinant humidité, rayonnement et température) pour déclencher les alertes, plutôt que les mesures biaisées des stations météo standards.

Le SSP TA se réserve le droit d'appeler les travailleurs à des actions collectives de protection de leur santé si les mesures de l'OCIRT continuent d'être ignorées par les hiérarchies de Swissport, Dnata et l’AIG.